La Lettre de FestiGays n° 2, 27 Mars 2002

Fabienne Keller et Robert Grossmann confirment leur hostilité à la Gay Pride

Les propos de Fabienne Keller dans le magazine Têtu du mois de février nous avaient, comme beaucoup choqués, mais aussi surpris. Fallait-il y croire ? En France ? A peine deux ans après le débat sur le PACS ? Après tant d'années de lutte ou la visibilité homosexuelle a fait la preuve de son efficacité ?

Eh bien oui !

Par souci de courtoisie et pour pouvoir dialoguer en direct ( il fallait être assez obstiné après une telle interview ! ) nous avons demandé et obtenu un entretien qui s'est finalement déroulé le 11 mars en présence de Fabienne Keller et de Robert Grossmann. Christophe Rolshausen, Président de FestiGays, et Etienne Pauvert ont été reçus durant une heure, et disons le franchement l'entretien s'est caractérisé par une hostilité et une méfiance permanente de la part de nos élus.

Pour dialoguer il faut être deux, et de toute évidence, nous ne l'étions pas !

La limite du supportable est vite dépassée lorsque M. Grossmann nous interpelle au sujet du procès d'un pédophile en cours alors à Colmar.
Faut-il encore accepter de tels amalgames ? De telles humiliations ?

Plus jamais !

Chacun de vous comprendra sans doute notre sentiment de révolte face à de tels propos. Cela seul nous confirme dans notre volonté d'organiser les Festigays à Strasbourg.

Pour le reste, le Maire et le Président de la CUS confirment le contenu de l'interview à Têtu :

  • Pouvoir dire le lundi à la pause café avec ses collègues, " j'ai passé un super week end avec ma copine", comme d'autres disent " j'ai passé un super week end avec mon copain"? Ils la considèrent cela comme un déballage indécent de notre vie privée.
  • L'homophobie ? Pour eux, il n'existe pas de discrimination spécifique à l'endroit des homosexuels.
  • Les difficultés que certains d'entre nous rencontrent dans leur vie quotidienne ? Ils ne voient vraiment pas de quoi nous voulons parler.
  • Le suicide des jeunes ados homos ? Pour eux, le CHU de Hautepierre a mis en place une cellule psychologique. Donc problème réglé.
  • Défendre nos droits et ceux de nos amis dans le monde ? Ils nous accusent de dangereuse dérive communautariste.
On frise le grotesque lorsque M. Grossmann affirme nous tenir pour responsables des votes qui iront à l'extrême droite le 16 juin.
Une heure d'entretien donc, pour entendre des propos qui sont exactement ceux qui dès le mois de novembre nous ont convaincus d'organiser les Festigays.

Face à cette attitude nous réaffirmons haut et fort :

  • Oui, les gays et les lesbiennes sont des citoyens égaux en droit et en dignité.
  • Oui, nous sommes fondés à défendre nos droits, précisément parce que nous croyons en la République.
  • Oui, les Strasbourgeois qui nous comprennent et nous soutiennent sont nombreux et le seront encore plus après le 15 juin 2002.
Plus largement, si chacun est bien évidement libre d'interpréter politiquement le contenu de ces propos comme il le souhaite, nous appelons toutes celles et tous ceux qui souhaitent défendre une certaine conception des libertés individuelles, des relations des citoyens avec leurs élus, à nous rejoindre du 10 au 15 juin prochain.

Il n'est plus temps de polémiquer inutilement. Mobilisons-nous et utilisons notre énergie ( qui est grande ! ) pour faire de Festigays un grand succès pour nos arguments.

Plus que jamais mobilisons nous à Strasbourg pour faire entendre cette voix !