La Lettre de FestiGays n°18 - 1er février 2003

Sale arabe, espèce d'immigré, pauvre négros, retourne dans ton pays ! Sale Pd, pauvre gouine, espèce d'enculé, faut te faire interner !
Quelle différence sinon la peur de l'autre !

"L'injure non publique commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée est punie de l'amende prévue pour les contraventions de 4ème classe" article R624-a du code pénal.

L'intolérance et le non respect d'autrui en devient tel que le code pénal s'est vu rajouté quelques éléments au fil des années.

Nous en venons à réglementer ce qui régit les rapports sociaux comme si la société ne pouvait pas en trouver les limites seule.

Nous avons besoin de réglementer, vous en rendez vous compte, l'intolérable, dans tous les gestes de notre vie quotidienne, ainsi que dans nos rencontres la loi finit par anticiper notre relation à l'autre et catégorise en énumérant ce qui est injure de ce qui ne l'est pas.

Le droit français pourtant tellement précurseur pour certains domaines, est pourtant tellement frileux dans certains cas, notamment sur la sanction des injures et insultes homophobes.

Alors que depuis 1981 le conseil de l'Europe a alerté la France en l'incitant à prendre en compte ce que peut représenter l'intolérance pour la démocratie, nous avons vu en effet lors des dernières élections présidentielles.

En 1994, une résolution est même prise par le parlement européen sur "l'égalité des droits des homosexuels et des lesbiennes dans la communauté européenne", il invite à mettre un terme à "toute discrimination au niveau du droit pénal, civil, du droit contractuel général et du droit économique".

Fort de constater un immobilisme ambiant, elle recommande même en 1997 aux états de l'union européenne d'entreprendre les mesures nécessaires afin de combattre "les discours de haine", "qui minent la sécurité démocratique, la cohésion culturelle et le pluralisme".

En 1998, il réaffirme cette recommandation

Enfin le traité de Rome modifié par le traité d'Amsterdam vient donner la possibilité au conseil de l'union européenne d'entreprendre toute mesure en vue de combattre toute discrimination fondée sur le sexe, la race ou l'origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle.

Certains ont essayé en 2000 de faire une proposition de loi contre l'incitation à la haine homophobe, toute comme une loi avait été promulguée contre l'incitation à la haine raciale.

Cependant au prétexte de redouter le communautarisme, et la "loi particulière" pour les homosexuels, l'Etat républicain enjoint la discrétion aux homosexuels.

Les homosexuels demandent juste d'être considérés comme des citoyens à part entière, tel n'est pas le cas apparemment.

En effet se retrouver entre "gens" identiquement stigmatisés est aussi la condition permettant de rompre le sentiment d'être un "monstre" , un "étranger", une "sous-catégorie" dans cette société.

Je suis en effet à Festigays pour combattre cet "immobilisme conservateur" que la société entretient si fièrement, cet immobilisme qui ne reconnaît pas la liberté de choix, de vie, et de prétendre aux mêmes droits que nous définissent si simplement la déclaration universelle des droits de l'homme dans son article 4 : " la liberté consiste à pouvoir faire ce qui ne nuit pas à autrui (vivre ensemble et créer une famille, construire une vie de couple par exemple), ainsi l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits".

Cette situation me révolte et me donne encore plus de force tous les jours pour dénoncer ces pratiques intolérantes, dont vous avez sûrement fait l'objet un jour ou l'autre.

La Vice-Présidente
Marie-Laure Fagari