La Lettre de FestiGays n°17 - 3 janvier 2003

27 juin 1969
C'est un soir comme les autres dans Greenwich Village, le quartier "gay" de New-York. Les homosexuels et les travestis se retrouvent dans les rares endroits qui les accueillent comme ils sont, mais tous craignent le moment où la police viendra mettre fin à la soirée.
Car c'est devenu une habitude. Tous les bars du quartier ont vécu cette douloureuse expérience. Tout d'un coup, la porte du bar s'ouvrait et les policiers new-yorkais entraient. Et lorsque ça arrivait, les interpellations, arrestations et bavures étaient légion.
Et ce soir-là, au "Stonewall Bar", la porte s'est ouverte. Et les policiers sont entrés.
En quelques minutes, le personnel du bar est embarqué et la clientèle est priée de se disperser.
Mais cette fois, et pour la première fois, les clients refusent de quitter les lieux.
Le ton monte et, rapidement, des projectiles sont lancés sur les forces de l'ordre. Ce qui devait être une contrôle de routine tourne alors à l'émeute.
Durant les cinq nuits qui suivront, les gays, lesbiennes et travestis new-yorkais entrent en rebellion. La police new-yorkaise aura beau demander des renforts, le temps de la révolte a commencé.
La portée médiatique et symbolique de cette "révolution" new-yorkaise fera de cette semaine de violence le début de la résistance des homosexuel(le)s et des transgenres contre les discriminations qui les oppriment. C'est les débuts de la "gay-pride".

14 juin 2003
A sa façon, moins violente mais aussi déterminée, Strasbourg se souviendra, cette année, de ces événements qui auront marqué la vie en société des personnes homosexuel(le)s, bisexuel(le)s et transgenres.
C'est là le but des manifestations auxquelles le collectif FestiGays veut donner une place, de nouveau, dans notre ville.
Bien sur, le contexte est différent aujourd'hui. Certains droits nous ont été accordés, nous sommes reconnus par la société de consommation, les "gays" sont devenus des gens à la mode...
Mais comment pourrions-nous être satisfaits des droits de "sous-citoyens" qui nous sont accordés ?
Comment pourrions-nous nous satisfaire des discriminations, des violences verbales ou physiques dont nous faisons l'objet ?
L'ensemble de nos concitoyens considère-t-il nos modes de vie comme naturels ? Tous les parents acceptent-ils facilement que leurs enfants vivent selon leur cœur et non selon une norme ?
Doit-on faire une croix sur les principes de liberté, d'égalité et de fraternité qui sont censés être les nôtres en tant que citoyens ?

Ce n'est, peut-être, pas cette année que toutes ces questions trouveront une réponse concrête et que les associations comme la nôtre perdront toute utilité.
C'est, néanmoins, ce que je vous souhaite au nom de notre collectif, chers adhérents et sympathisants, en cette année 2003.
Meilleurs vœux !

Le Président,
Frantz MARISA