Dernières Nouvelles d'Alsace - Lun 14 juin 2004

Festigays à la Laiterie
« Ce soir, je ne rentre pas tout seul »

La semaine des Festigays s'est achevée samedi soir à la Laiterie par une grande soirée, sur fond de house musique et tubes des années 80. Ambiance.

Samedi, 23h50, dans le hall de la salle de concert de la Laiterie. Dans le fond, des dizaines de personnes sautent en l'air et tapent dans leurs mains. La raison de cette hystérie ? « YMCA », le tube incontournable de toute soirée gay et lesbienne qui se respecte.
Sur la piste, la moyenne d'âge avoisine la trentaine et les gaillards musclés en débardeurs blancs côtoient des groupes de filles en jeans larges.
« J'adore grave les années 80, lance Jérémy, 20 ans, les cheveux noirs dressés sur la tête, tout en se dandinant sur une vieille rengaine disco, et là je suis venu pour me lâcher. Je ne suis pas sorti depuis trois mois alors ce soir c'est sûr, je ne rentre pas tout seul. En plus je n'ai pas pu aller au défilé, je bossais ».

Armés de sifflets

Du côté du bar, la queue commence à enfler. « Où est ma femme ? J'ai perdu ma femme », hurle Julie, une bière à la main, devant son groupe de copines hilares. Par terre, les gobelets vides commencent à s'entasser. Marianne, 28 ans, et Stefan, 29 ans, un couple franco-allemand, ne se sentent pas mal à l'aise au milieu d'un public très majoritairement homo. Venus « pour faire la fête », ils ont suivi des copines lesbiennes. Tout comme Catherine, 24 ans. « Je me suis laissée entraîner », lance-t-elle avec le sourire.
Ambiance complètement différente dans la grand salle, où les danseurs armés de sifflets aux couleurs du rainbow flag ont envahi les gradins. Il est près de 2 h et la chaleur monte encore d'un cran.
Malgré un prix d'entrée assez élevé (14 €), les fêtards apprécient la soirée. « Ce qui est bien, c'est qu'il y en a pour tous les goûts », raconte Jeanne, 34 ans.
A 3h30, les premiers arrivés commencent à fatiguer. Sur la piste années 80, Jean-Jacques Goldmann et Téléphone ont succédé aux tubes disco. La soirée se termine dans moins d'une heure. Les plus courageux, luisants de sueur, attendent déjà leur taxi pour se rendre en after.

Barbara Schuster