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Lettre aux députés alsaciens à propos d'une législation contre l'homophobie Strasbourg, le 24 novembre 2003 Madame la députée, Monsieur le député, Le 27 novembre prochain sera débattue à l'Assemblée
nationale une proposition de loi sur la pénalisation
des propos discriminatoires. L'objet de ce texte est la réforme
de la loi sur la liberté de la presse du 18 juillet 1881 afin
d'étendre notamment à la lutte contre l'homophobie
et le sexisme les dispositions réservées à
la lutte contre le racisme. Pourtant, le code pénal prévoit de protéger
les personnes contre des discriminations fondées sur l'orientation
sexuelle, notamment, lorsqu'il s'agit du refus d'embauche, du refus
de fourniture d'un bien ou d'un service, etc. La discrimination fondée
sur l'orientation sexuelle est bel et bien réprimée
par la loi, mais dans des limites différentes des discriminations
racistes. Depuis 5 ans, différents parlementaires ou groupes de parlementaires
ont proposé de remédier à ce défaut du
droit en déposant successivement plusieurs propositions de
loi. Le 18 juillet dernier, le Premier ministre lui-même annonçait
la mise en chantier d'un tel texte, ce qu'il confirma le 27 octobre,
le Garde des sceaux en assurant la coordination. Le président
de la République lui-même, mais aussi le ministre de
l'Intérieur ont affiché à plusieurs reprises
leur Il ne s'agit en rien de modifier l'équilibre fragile de la
loi sur la liberté de la presse, ni de réprimer davantage
qu'aujourd'hui, mais bien de renforcer le principe d'égalité
de tous et de toutes devant la loi, en refusant de hiérarchiser
les différentes discriminations dont chacun peut être
victime. Ce jeudi 27 novembre sera donc l'occasion pour l'ensemble
de la représentation nationale de concrétiser un engagement
pris à droite comme à gauche. Sur des sujets symboliques
comme la lutte contre le racisme, les députés ont habitué
les français à faire honneur à leur institution
en affichant une volonté unanime de lutter contre ce fléau,
en oubliant les clivages politiques traditionnels. Ce consensus qui
réunit périodiquement la majorité et l'opposition,
a toutes les raisons de s'exprimer aujourd'hui à l'occasion
de cette nouvelle initiative parlementaire. Veuillez agréer, Madame la Députée, Monsieur le Député, l'assurance de notre considération distinguée.
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