|
|
Une entrée sur scène remarquée...
Dissimulés derrière un immense drap en patchwork
multicolore, les Schrillmänner entrent sur scène.
Un choriste plus petit que les autres, sautille pour montrer
son visage au public derrière ce drap. Le drap tombe.
Les yeux du public restent figés sur des torses aux
pectoraux superbement dessinés et les rires fusent.
Dessinés est bien le terme à employer !
|
Ces pectoraux réalisés sur du carton viennent
se superposer au costume de scène.
Le ton est donné. Les Schrillmänner n'ont rien de
la chorale statique et stricte à laquelle on aurait pu
s'attendre. |
 |
 |
Quelques mots d'un choriste en français, emprunts d'humour.
Et le spectacle commence.
Un petit texte introduit les deux premiers morceaux.
Le chur d'hommes joint le mime au chant : |
|
"C'est un homme merveilleux, mais il ne sait pas danser...
C'est un homme merveilleux, mais il ne sait pas cuisiner...
C'est un homme merveilleux, mais il ne sait pas penser...
Mais c'est un homme merveilleux !"
|
 |
Les Schrillmänner, accompagnés au
piano par le chef de la chorale lesbienne de Karlsruhe, enchaînent
avec des morceaux plein d'humour et d'auto-dérision sur
le monde gay.
Des textes dont ils sont les auteurs, des musiques de leur cru
ou des adaptations de morceaux connus (La vie en rose, Great
Prentender...).
Et toujours de petits intermèdes parlés permettant
au public non germanophone de comprendre et de rire !
La première partie du concert s'achève. Le public
se demande ce qui l'attend....
|
La métamorphose... |
|
C'est un chur transformé qui arrive sur scène...
Travestissements allant du capitaine de la marine aux drag
queen en passant par le petit baigneur ou le rat de l'opéra...
qui déclenchent rires et applaudissements sans retenue
des spectateurs.
|
|
Le petit rat de l'opéra prend la parole. "Nous
ne savons pas de quoi vous avez parlé pendant la pause.
Si vous avez parlé de la rupture d'Eric et François...
En tout cas, nous, nous sommes toujours seuls !"
|
|
 |
Cette seconde partie mêle gravité et dérision.
Les textes abordent des sujets plus douloureux : le SIDA, la
solidarité, la solitude...
Les Schrillmänner évitent le mélo en traitant
ces thèmes avec une petite pointe d'humour. L'émotion
gagne le public. |
|
|
| Les Schrillmänner et
Weibrations. |
|
Quelques membres de la chorale lesbienne de Karlsruhe se
joignent aux Schrillmänner pour le final du spectacle.
Les voix féminines se mêlent parfaitement au
chur d'hommes. Les sujets graves sont délaissés
pour céder la place à la bonne humeur. Les
rappels se succèdent. Le public, ravi, fait une véritable
ovation aux deux troupes réunies.
|
|
Sur les marches de l'auditorium de France3, à la sortie
du concert, spectateurs et choristes se retrouvent. Personne
ne semble décidé à quitter les lieux...
Quelques membres de la chorale Pélicanto
présents au spectacle, réalisent un petit concert
imprivisé.
|
 |
|
|
Le spectacle continue... Ainsi, Les Schrillmänner et
Weibrations ont offert un concert de grande qualité
où émotion et humour se mêlaient sans
jamais déraper dans le vulgaire.
|
|
Un petit bémol cependant (ou un carton jaune en cette
période de coupe du monde...) : il est à regretter
que le public strasbourgeois n'ait pas été
nombreux pour accueillir comme il se devait ces chorales
qui sont venues à nous...
|
|
Il pourra se ratrapper lors de la gay pride du 15 juin durant
la marche où il pourra découvrir cette troupe
qui a déjà séduit les spectateurs de
cette soirée...
Les Schrillmänner, portrait de
troupe...
|
|
|
Une chorale gay, voilà qui peut surprendre...
Quelles différences avec une chorale classique ? Quelles
motivations ?
Ce groupe d'hommes a vu le jour en 1988.
Les motivations : l'amour du chant, certes, mais plus encore
le désir de mener un combat politique en faveur de
la cause gay.
Les années passant, les nécessités politiques
diminuant, les Schrillmänner ne quittent pas la scène
pour autant.
Leur spectacle devient humouristique dans un premier temps
et cette année, ils ont décidé d'ajouter
à l'humour et à la dérision, la réflexion
autour de quelques thèmes graves.
|
|
Certaines musiques sont des créations de la troupe,
d'autres, des reprises.
Quant aux textes, ils sont le résultat d'un travail
de groupe.S'ajoutent à ces ingrédients, pour
se détacher de la chorale telle qu'on l'imagine, une
volonté de mise en scène et un effort visible
sur les costumes, transformant ainsi un simple concert en
spectacle vivant, agréable au regard et à l'oreille.
Cat'C.
|