Le Concert des Schrillmänner et Weibrations du 5 juin 2002
par Cat'C, le 06/06/02.

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Une entrée sur scène remarquée...
Dissimulés derrière un immense drap en patchwork multicolore, les Schrillmänner entrent sur scène. Un choriste plus petit que les autres, sautille pour montrer son visage au public derrière ce drap. Le drap tombe. Les yeux du public restent figés sur des torses aux pectoraux superbement dessinés et les rires fusent. Dessinés est bien le terme à employer !

Ces pectoraux réalisés sur du carton viennent se superposer au costume de scène.
Le ton est donné. Les Schrillmänner n'ont rien de la chorale statique et stricte à laquelle on aurait pu s'attendre.
Quelques mots d'un choriste en français, emprunts d'humour.
Et le spectacle commence.
Un petit texte introduit les deux premiers morceaux.
Le chœur d'hommes joint le mime au chant :

"C'est un homme merveilleux, mais il ne sait pas danser... C'est un homme merveilleux, mais il ne sait pas cuisiner... C'est un homme merveilleux, mais il ne sait pas penser... Mais c'est un homme merveilleux !"

Les Schrillmänner, accompagnés au piano par le chef de la chorale lesbienne de Karlsruhe, enchaînent avec des morceaux plein d'humour et d'auto-dérision sur le monde gay.
Des textes dont ils sont les auteurs, des musiques de leur cru ou des adaptations de morceaux connus (La vie en rose, Great Prentender...).
Et toujours de petits intermèdes parlés permettant au public non germanophone de comprendre et de rire !
La première partie du concert s'achève. Le public se demande ce qui l'attend....

La métamorphose...


C'est un chœur transformé qui arrive sur scène...
Travestissements allant du capitaine de la marine aux drag queen en passant par le petit baigneur ou le rat de l'opéra... qui déclenchent rires et applaudissements sans retenue des spectateurs.

Le petit rat de l'opéra prend la parole. "Nous ne savons pas de quoi vous avez parlé pendant la pause. Si vous avez parlé de la rupture d'Eric et François... En tout cas, nous, nous sommes toujours seuls !"
Cette seconde partie mêle gravité et dérision. Les textes abordent des sujets plus douloureux : le SIDA, la solidarité, la solitude...
Les Schrillmänner évitent le mélo en traitant ces thèmes avec une petite pointe d'humour. L'émotion gagne le public.
Les Schrillmänner et Weibrations.


Quelques membres de la chorale lesbienne de Karlsruhe se joignent aux Schrillmänner pour le final du spectacle. Les voix féminines se mêlent parfaitement au chœur d'hommes. Les sujets graves sont délaissés pour céder la place à la bonne humeur. Les rappels se succèdent. Le public, ravi, fait une véritable ovation aux deux troupes réunies.


Sur les marches de l'auditorium de France3, à la sortie du concert, spectateurs et choristes se retrouvent. Personne ne semble décidé à quitter les lieux... Quelques membres de la chorale Pélicanto présents au spectacle, réalisent un petit concert imprivisé.

Le spectacle continue... Ainsi, Les Schrillmänner et Weibrations ont offert un concert de grande qualité où émotion et humour se mêlaient sans jamais déraper dans le vulgaire.

Un petit bémol cependant (ou un carton jaune en cette période de coupe du monde...) : il est à regretter que le public strasbourgeois n'ait pas été nombreux pour accueillir comme il se devait ces chorales qui sont venues à nous...

Il pourra se ratrapper lors de la gay pride du 15 juin durant la marche où il pourra découvrir cette troupe qui a déjà séduit les spectateurs de cette soirée...

Les Schrillmänner, portrait de troupe...

Une chorale gay, voilà qui peut surprendre...
Quelles différences avec une chorale classique ? Quelles motivations ?
Ce groupe d'hommes a vu le jour en 1988.
Les motivations : l'amour du chant, certes, mais plus encore le désir de mener un combat politique en faveur de la cause gay.
Les années passant, les nécessités politiques diminuant, les Schrillmänner ne quittent pas la scène pour autant.
Leur spectacle devient humouristique dans un premier temps et cette année, ils ont décidé d'ajouter à l'humour et à la dérision, la réflexion autour de quelques thèmes graves.

Certaines musiques sont des créations de la troupe, d'autres, des reprises.
Quant aux textes, ils sont le résultat d'un travail de groupe.S'ajoutent à ces ingrédients, pour se détacher de la chorale telle qu'on l'imagine, une volonté de mise en scène et un effort visible sur les costumes, transformant ainsi un simple concert en spectacle vivant, agréable au regard et à l'oreille.

Cat'C.

 

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