L'homoparentalité - débat du 12/06/02
Par Cat'C. le 14/06/02

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Mercredi 12 juin, à la librairie Kléber, trois femmes sont présentes pour animer la discussion autour du thème de l'homoparentalité : Nicole Vallé, responsable de l'antenne grand est de l'APGL (Association des parents et futurs parents gays et lesbiens), Nathalie qui témoigne d'une expérience de co-parentalité et Véronique, ayant eu recours à la PMA (procréation médicalement assistée).
Un public nombreux, lui aussi constitué d'une majorité de femmes.
Un débat d'actualité même s'il peut être sujet de controverse. Controverse dont il est fait abstraction durant la discussion.
Trois thèmes principaux se dégagent du débat : l'évolution des lois en faveur des homosexuels (elles), la co-parentalité et l'éducation de l'enfant.

Le désir face à la loi

A l'heure actuelle, les gays et lesbiennes ayant des enfants représentent moins de 10 %.
Mais selon un sondage, 45 % des lesbiennes et 36 % des gays désirent avoir des enfants.
Ce désir d'être parents se heurtent aux lois. Les discriminations existent, aussi bien à l'encontre des candidats à l'adoption que dans le cas d'utilisation des PMA (Procréation médicalement assistée). Quant aux projets de co-parentalité, ils n'ont pas davantage de légitimité au regard de l'état.
L'APGL tente, par des discussions avec le gouvernement, de faire évoluer les lois. Elle aide également les futurs parents gays et lesbiens à construire leur projet de co-parentalité et apporte un soutien aux parents.

La co-parentalité et l'éducation

Nathalie témoigne de son expérience de co-parentalité.
Mais qu'est-ce que la co-parentalité ? Dans son cas, il s'agit d'un couple lesbien ayant décidé d'avoir un enfant. Ce couple a fait la rencontre d'un couple gay ayant le même désir. S'est alors engagée une réflexion de deux années. Deux ans de réflexion pour tenter de penser à tous les problèmes qui pourront se poser lorsque l'enfant sera là, aussi bien concernant l'organisation que les éventuels conflits qui pourraient apparaître entre les deux couples ou encore l'éducation de l'enfant.
L'enfant a pour parent un membre de chaque couple. Nathalie précise que l'enfant (une petite fille aujourd'hui âgée de trois ans) vit avec le couple lesbien. Quant au père naturel et au compagnon de celui-ci, ils voient régulièrement la fillette sans que les rencontres soient prédéterminées à l'avance.
Une personne du public s'interroge sur la façon dont la fillette surnomme les différents membres de cette famille inhabituelle. Nathalie explique qu'elle a un papa, une maman. Elle ajoute : "Pour les autres, c'est l'enfant qui a trouvé les surnoms."

Une autre question se pose : Comment explique-ton à l'enfant cette famille particulière ?
Nathalie précise qu'elle a commencé très tôt à expliquer à sa fille la manière dont elle a été conçue, sous forme d'histoire rituelle racontée avant de dormir. Jusqu'à présent, la fillette vit très bien la situation.
Elle ajoute : "Il faut former les enfants aux risques de réactions hostiles des autres. Donnons les armes à nos enfants pour qu'il puisse se défendre."

Nicole Vallé termine le débat par ces mots : "Notre entourage, si nous le vivons normalement le vit bien aussi."

Une question du public reste cependant sans réponse : "comment les enfants d'un couple homoparental vivent-ils la situation au moment de l'adolescence".
Ne disposant pas de suffisamment de recul pour le savoir, le temps nous apportera des réponses à ces questions qui restent en suspens…

Cat'C.
 

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