Rapport moral du Président - Association FestiGays - 2001-2002

La mobilisation politique
La semaine culturelle
La marche
La couverture des médias
Le bilan financier
Le collectif et son fonctionnement
Conclusion

Lorsque nous avons commencé à travailler sur le projet de gay pride en Décembre 2001, nous nous étions fixé comme principaux objectifs de dépasser les 500 participants à la marche, de finir l'exercice budgétaire sans déficit, et d'installer la gay pride dans le temps. Plus largement, il s'agissait pour nous de marquer les esprits, de prouver qu'il était possible à Strasbourg aussi d'organiser une gay pride, et de marquer des points dans le domaine de la lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle.

Les prises de positions de la municipalité Strasbourgeoise, particulièrement conservatrice, et arrivant à un moment où nous n'avions pas encore fait état de nos projets sont venu nous conforter sur le bien fondé de notre entreprise. Elles nous ont en fait propulsés dans l'action, et ont permis de galvaniser les énergies sur notre projet.

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La mobilisation politique

Conformément à notre choix d'une démarche citoyenne, à notre volonté de contribuer à la réflexion sur le type de société que nous souhaitons, et pour prendre le contre pieds des critiques d'une démarche communautarisme repliée sur ses propres intérêts, nous nous sommes efforcé de montrer que les questions de société et de mœurs que nous abordons font partis d'un combat plus large touchant au respect des libertés, à l'intégration des minorités et à la lutte contre les discriminations quelles qu'elles soient. Notre adhésion au collectif Justice et Libertés, notre capacité à participer de façon significative à la manifestation anti-extrême droite du 1er Mai 2002, sont des preuves tangibles de notre volonté de participer au débat de société en cours.

Ayant placé notre combat sur ce terrain universel, il était alors logique d'interpeller tous les partis politiques, les syndicats, et d'une façon plus générale les organisations dont l'objet touche à ces valeurs universelles. En l'espace de trois mois, nous les avons quasiment tous rencontrés, à l'exception notable du RPR qui a refusé de nous recevoir. Même si beaucoup des dirigeants que nous avons rencontrés étaient acquis à notre cause, cela a été à chaque fois l'occasion de développer nos arguments, de modifier la façon dont nous sommes perçus, et de confirmer dans l'esprit des gens la justesse de notre combat. Ces rencontres ont débouché de façon quasi systématique sur des débats internes à ces structures, où les réticences d'une proportion non négligeable des membres de ces organisations ont pu s'exprimer et être débattues, et à des communications internes : que nous ayons suscité ces débats, c'est déjà énorme.

Mais c'est bien sûr les prises de positions publiques, les déclarations de soutien, et la participation visible de ces organisations à la marche ou aux débats qui constituent pour nous un franc succès.

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La semaine culturelle

Avec plus de 30 manifestations organisées dans le cadre de FestiGays et couvrant les aspects politiques, festifs et culturels, nos engagements de départ sont largement tenus. Nous avons su motiver beaucoup de monde par rapport à notre combat, et la souplesse dont nous avons su faire preuve en confiant l'organisation (et les risques !) de certains événements à des associations et des établissements membres et non membres du collectif ont permis cette profusion.

Cependant, sans être catastrophique, la participation à la semaine culturelle est restée inégale et franchement décevante pour certains événements. Un programme trop chargé et pas toujours suffisamment clair, une trop grande diversité des lieux, et une communication trop peu efficace sont parmi les explications possibles.

Quoiqu'il en soit, il faut noter que la faible participation à la semaine, si elle a parfois été décourageante pour nous, n'a jamais entaché le succès global de la Gay pride. Et d'un autre côté, le fait que nous ayons été capable de proposer un programme aussi important a impressionné, et a contribué à la bonne prise en compte de notre action par les médias.

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La Marche

Avec un parcours très central, bénéficiant de toute l'activité médiatique de la semaine autour des FestiGays, la marche, qui se devait d'être le point d'orgue de notre programme, nous a nous même surpris par son succès.

Nous avons annoncé 3 000 participants à la Gay pride, pour un comptage officiel de 1 200 marcheurs au départ de la place de l'Étoile. Ces deux évaluations sont à mettre en perspective avec le nombre de participants aux gays pride de villes similaires en France : Reims, Bordeaux, Angers, Rennes, Nantes, c'est en centaines de personnes que se comptent les participants, et non en milliers. Le succès de notre entreprise devient alors éclatant. Ont notamment contribué à ce succès la polémique ouverte par la municipalité de Strasbourg, qui nous a permis de mobiliser très largement dans les milieux politiques, syndicaux, et militants des droits de l'homme. La participation importante de nos voisins Allemands, fruit d'un travail méthodique, et notre choix initial d'une gay pride " grand est " ont également contribué à ce succès.

Au delà de cet aspect quantitatif, il faut aussi évoquer l'ambiance bon enfant, et le plaisir des uns et des autres. Certains indices ne trompent pas : ce sont d'habitude des critiques que les gens prennent la peine d'exprimer, beaucoup plus que leur satisfaction. Mais à propos de la marche, je n'ai de souvenir que la satisfaction des gens, qui parfois sont venu nous dire leur bonheur avec des mots qui restent dans ma mémoire.

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La couverture des médias

Là aussi, nous avons su tirer profit de la polémique engagée par la municipalité, en apportant des contre arguments percutant (c'était facile…), et en adoptant un comportement cohérent avec l'image que nous voulions donner de gens ouverts au dialogues et responsables de leur actes. La conférence de presse du 28 Mai a été un plein succès, et les interviews réalisées ce jour là ont ensuite été largement utilisées par les médias pendant les deux semaines qui ont suivi. L'épaisse revue de presse que nous avons constituée illustre l'ampleur de la couverture que les médias ont assurée.

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Le bilan financier

Nous finissons l'exercice budgétaire avec un bénéfice de plusieurs milliers d'Euros, pour un budget total d'environ 20 000 Euros. Nos principales sources de revenus ont été la vente de publicité, et les entrées à la soirée de clôture. Aucune subvention. Et ce qui était une difficulté au départ est plutôt une force à l'arrivée. Avoir pu organiser un événement de l'ampleur des FestiGays sans subvention est une preuve de notre volonté et de notre dynamisme qui nous sert dans notre démarche politique.

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Le collectif et son fonctionnement

D'un point de vue quantitatif, le nombres de membre que nous avons atteint (68) et le nombre de sympathisants avec lesquels nous sommes en contact régulier par e-mail (380) place le collectif FestiGays parmi les grandes associations homo de Strasbourg. Le conseil d'administration a connu des difficultés de fonctionnement dues à la diversité de ses membres et à l'ampleur du travail à accomplir pour une première gay pride. Nous avons su les surmonter, parfois de justesse. Il reviendra à la nouvelle équipe d'analyser ces difficultés et d'en tirer les leçons.

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Conclusion

A l'heure de rendre compte, avec plusieurs milliers de participants à la marche, un impact médiatique remarquable, un bénéfice de quelques milliers d'Euros, et une association en ordre de marche, je pense que nous pouvons tous simplement considérer que nos objectifs ont été largement atteint, et que nous pouvons être fiers du travail que nous avons accompli.

Étienne Pauvert,
Président de l'association FestiGays 2001-2002

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