Plus de deux mille personnes pour la premère gay pride strasbourgeoise
Par Cat'C le 18/06/02

14h, place de l'Etoile. Le cortège prend forme.
E n tête, un camion tel un tableau noir revêtu d'une inscription blanche : "Une loi contre l'homophobie maintenant !"
Derrière lui, des banderoles blanches formant un singulier passage pour piétons : "A nos amants, à nos ami(e)s… 40 000 morts du SIDA" ou encore "Aujourd'hui, la lutte contre le SIDA, c'est se protéger et protéger son et ses partenaires".
Ainsi, contre toute idée reçue, la gay pride ne se limite pas à un défilé carnavalesque et festif dont l'unique but serait de faire la fête dans les rues sur des rythmes de techno.
Le message de l'organisation des Festigays était d'ailleurs clairement énoncé quant à l'objectif de la Gay Pride et des manifestations culturelles la précédant : "œuvrer (…) à une plus grande visibilité des gays et des lesbiennes dans notre société, et plus largement à l'acceptation de l'autre tel qu'il est."

Ainsi, le cortège rend compte de toutes les diversités composant la communauté gay et lesbienne : une majorité des personnes ressemblant à tout un chacun, sur lesquelles les médias ne s'attarderont guère d'ailleurs, quelques drag queen donnant un peu de couleur au cortège, deux échassiers infatigables sillonnant le cortège, des chars de diverses associations ou institutions gay et lesbiennes (des bars, des lieux culturelles, des associations de lutte contre le sida…) mais aussi des hétérosexuels venus soutenir la cause gay… ou faire la fête. A noter la présence du groupe "Allons z'enfants de la batterie" qui a rythmé cette marche durant trois heures.
Quelques centaines de personnes commencent à se joindre au cortège attendant son départ. Gays et hétéros, filles comme garçons, strasbourgeois et étrangers venus d'Allemagne, de Belgique... Tous se demandent combien ils seront. Les craintes sont rapidement dissipées et avec elles, la bonne humeur naît peu à peu.

Le cortège s'ébranle vers 15h. Malgré la chaleur, une ambiance de fête règne. Les passants sont nombreux à s'arrêter pour observer cette marche inhabituelle dans leur capitale européenne. Les marques de soutien sont nombreuses : coussin aux couleurs du rainbow flag sur un rebord de fenêtre, passants se joignant au cortège, sourires de compréhension… Rien ne vient perturber cette marche qui traverse le centre ville. Aucun slogan scandé haut et fort comme dans la plupart des manifestations mais certains participants brandissent des pancartes aux messages très explicites : "Je ne suis pas une anomalie biologique" ou encore "le respect, c'est pour tout le monde".
Un cortège réunissant plus de deux mille personnes dans une ambiance bonne enfant. Le pari du collectif des Festigays est gagné : la Gay Pride est une réussite.

Le cortège marque un arrêt place de la République. Une gerbe est déposée en la mémoire des déportés homosexuels. Techno et percussions se taisent. Une minute de silence est respectée.

Puis il reprend sa route vers sa destination finale : place de l'Université. Les diverses associations se regroupent sur les marches du palais universitaire. Un rainbow flag s'étale à leurs pieds. Allons z'enfants de la batterie rythme ces derniers moments. Etienne PAUVERT, président des Festigays, prend la parole. Petit rappel des faits : le contexte politique non favorable à cette Gay Pride, les craintes quant au nombre de participants, les motivations d'une telle initiative. Remerciement aux personnes venant de loin, aux hétérosexuels, aux associations, aux soutiens divers…
Marie-Laure FAGARI, vice présidente des Festigays intervient également suivie d'Elisabeth de Aides avec un discours de prévention. La manifestation se disperse calmement.

 

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